Féminisation des instances dirigeantes : un levier stratégique de performance pour les entreprises
À l’occasion de son intervention sur B Smart, Céline Studer, COO de Keyrus, a partagé une analyse claire et engagée sur un enjeu majeur pour les entreprises françaises : la féminisation des instances dirigeantes, en particulier dans le secteur de la tech.
Au-delà d’un sujet sociétal, la mixité s’impose aujourd’hui comme un véritable levier de performance durable.
Un constat encore contrasté dans le numérique
Le secteur de la technologie, en pleine transformation avec l’essor de la data et de l’intelligence artificielle, reste encore peu féminisé.
Quelques chiffres clés évoqués lors de l’interview :
Moins de 30 % de femmes dans les métiers du numérique en France
Environ 20 % de femmes dans les instances dirigeantes
Une progression réelle, mais qui stagne depuis plusieurs années
Cette situation met en lumière un double enjeu :
Attirer davantage de femmes vers les filières scientifiques et techniques
Accompagner leur évolution vers des postes à responsabilité
De l’intention à l’action : un enjeu collectif
Si la prise de conscience est aujourd’hui largement partagée, le véritable défi réside dans la capacité à agir concrètement.
Comme le souligne Céline Studer :
« Il y a un vrai enjeu de passer de l’intention à l’action. »
La réglementation récente, notamment sur la représentation des femmes dans les instances dirigeantes, joue un rôle clé pour accélérer cette transformation. Elle permet de structurer les engagements et d’inscrire la mixité dans une dynamique mesurable et opérationnelle.
Mais au-delà du cadre légal, ce sont bien les pratiques managériales et les politiques RH qui feront la différence.
Pourquoi la mixité est un levier de performance
L’un des messages forts de cette prise de parole est clair : la mixité ne relève pas uniquement de l’équité, mais bien de la performance.
Des gouvernances plus diversifiées permettent :
d’intégrer une pluralité de points de vue
d’améliorer la prise de décision
de mieux refléter les enjeux sociétaux et économiques
de renforcer la compétitivité des organisations
Un exemple marquant partagé lors de l’interview illustre ce lien : une entreprise ayant fortement féminisé sa gouvernance a observé, en parallèle, une croissance significative de ses performances économiques.
Freins identifiés : entre autocensure et manque de représentation
Parmi les obstacles évoqués, plusieurs leviers clés émergent :
1. L’autocensure
Certaines femmes peuvent limiter leurs ambitions, notamment dans des environnements majoritairement masculins. Cette réalité souligne l’importance de créer des conditions favorables à l’expression et à la prise de responsabilité.
2. Le manque de rôles modèles
La projection dans des postes de direction reste plus difficile sans figures inspirantes visibles.
3. Des environnements encore homogènes
Avec environ 80 % d’hommes dans les instances de décision, les dynamiques de progression restent souvent peu diversifiées.
Le rôle clé des entreprises et des dirigeants
La transformation ne peut se faire sans une mobilisation globale.
Céline Studer insiste notamment sur un point essentiel : les hommes, aujourd’hui majoritaires dans les instances dirigeantes, ont un rôle déterminant à jouer.
Parmi les actions prioritaires :
Développer des programmes de leadership dédiés
Favoriser la promotion interne des talents féminins
Mettre en place des politiques de recrutement inclusives
Encourager la mixité à tous les niveaux de l’organisation
Créer des espaces de dialogue et de sensibilisation
Mixité et marque employeur : un enjeu de crédibilité
La féminisation des instances dirigeantes est également un enjeu fort en matière de marque employeur et de RSE.
Les entreprises sont aujourd’hui attendues sur leur capacité à :
traduire leurs engagements en actions concrètes
garantir l’équité professionnelle
incarner les valeurs qu’elles affichent
La mixité devient ainsi un critère de crédibilité et d’attractivité, notamment auprès des nouvelles générations.
Transparence salariale : accélérer la prise de conscience
Autre sujet abordé : les écarts de rémunération entre femmes et hommes.
Malgré une réduction progressive, les différences persistent :
environ 9 % d’écart global
environ 4 % à poste égal
La transparence salariale apparaît comme un levier supplémentaire pour :
renforcer la prise de conscience collective
accélérer les actions correctives
structurer des politiques plus équitables
Vers une transformation durable
La féminisation des instances dirigeantes ne se décrète pas : elle se construit dans le temps, à travers des actions concrètes, mesurables et alignées avec la stratégie globale de l’entreprise.
Comme le rappelle Céline Studer, il s’agit avant tout de :
revoir les modèles de réussite
accompagner les trajectoires professionnelles
lever les freins structurels et culturels
Conclusion
La mixité est aujourd’hui un enjeu stratégique incontournable pour les entreprises.
Elle ne se limite pas à une question de représentation, mais constitue un véritable moteur de :
performance
innovation
transformation durable
Chez Keyrus, cette conviction se traduit par des initiatives concrètes visant à accompagner les talents, développer le leadership et promouvoir une gouvernance plus inclusive.
Parce que la performance de demain repose sur la diversité des talents d’aujourd’hui.
Pourquoi la féminisation des instances dirigeantes est-elle importante ?
La féminisation des instances dirigeantes est essentielle car elle permet d’intégrer une plus grande diversité de points de vue dans la prise de décision. Cette diversité favorise l’innovation, améliore la compréhension des enjeux globaux et renforce la performance des entreprises.
Quel est le taux de femmes dans les instances dirigeantes en France ?
Aujourd’hui, les femmes représentent environ 20 % des instances dirigeantes dans le secteur du numérique en France. Malgré une progression ces dernières années, ce chiffre reste encore insuffisant et tend à stagner.
Quels sont les principaux freins à la féminisation des postes de direction ?
Parmi les principaux freins, on retrouve : - le manque de femmes dans les filières techniques en amont - l’autocensure - le manque de rôles modèles - des environnements encore majoritairement masculins dans les instances de décision
Comment les entreprises peuvent-elles favoriser la mixité ?
Les entreprises peuvent agir à plusieurs niveaux : - encourager les vocations féminines dans les métiers tech - accompagner le développement des talents féminins - mettre en place des programmes de leadership - promouvoir des rôles modèles - impliquer activement les dirigeants, notamment les hommes
Quel est le rôle des hommes dans la féminisation des instances dirigeantes ?
Les hommes occupent aujourd’hui la majorité des postes de direction. Leur engagement est donc essentiel pour faire évoluer les pratiques, promouvoir la diversité et mettre en place des actions concrètes en faveur de la mixité.
